Evolution
Une nouvelle de Space Opera par David Sicé.
Pour adultes et adolescents.
Ici la version .pdf
Papa avait fait fortune en brevetant son invention : les modules de re-séquençage autonome de l'ADN humain. Oui, ça en jette de caser un truc comme ça dans la conversation, même quand on n´a aucune idée de ce que cela veut dire.
En tout cas c´est comme ça que Papa avait pu réaliser son rêve : voguer d´exo-planète en exo-planète, pour se gaver du spectacle de la Vie.
On a dû se taper toutes les turistas et toutes les grippes des premières colonies. Heureusement - grâce à l´invention de Papa d´ailleurs
nos corps ont toujours pu tout encaisser, et virer les méchants virus, les parasites en tout genres et autres protéines réversibles à pédoncules aminés rétro-adaptatives.
De plus, avec la puce de régulation des émotions, aucune douleur (ni aucun plaisir !) ne dépasse un seuil qui pourrait être considéré comme de la souffrance.
Maman dit souvent que nous sommes une génération d´otakus ultimes et de bimbos thorazinées, ou si vous préférez, de zombis sous tranquillisants. Voir mourir la moitié des cent milliards d´habitants de la Terre ne nous émeuverait pas plus que regarder l´hyper-journal de vingt heures de Terre Télévision.
Tout a changé le jour où nous avons débarqué sur Evolution.
CHAPITRE UN
Papa ne tenait plus en place (à croire qu´il avait débranché sa puce d´émotions) à la vue du globe aigue-marine et de ses circonvolutions moussues. Sur Evolution, nous disait-il, la vie des océans a pris l´habitude de monter sur la terre quand vient le jour et de redescendre dans l´eau quand vient la nuit. Allez savoir pourquoi ! (En fait, c´était bien ce qu´il avait l´intention de faire...).
Mais le plus étonnant était que la vie sur Evolution s´était adaptée à cette migration quotidienne de manière spectaculaire : les «poissons» si l´on peut les appeler ainsi
, sortent leurs «pattes» et se mettent à courir. D´autres étendent leurs « ailes » et s´envolent.
« Tu veux dire qu´ils les font pousser ?
Non, je crois plutôt qu´elles existent à leur naissance. C´est juste qu´elles sont rétractiles, comme pliées à l´intérieur de leur corps.»
Sur un monde aussi bizarre, la colonie humaine ne devait pas être très développée : Autrement dit, adieu les soldes et bonjour les magasins de souvenirs bidons.
« Mais le plus admirable est qu´il existe une espèce de mammifères, qui en un seul jour, va ramper hors de l´eau, puis courir, grimper aux arbres, en redescendre, pour finalement...
Tu veux dire qu´ils se transforment en grands singes tout velus?
C´est notre hypothèse, avec Evans.
Ce Evans, quel sale gamin !, soupira Maman : vous faisiez vraiment la paire à l´université...
La véritable question est, reprit Papa : dans des conditions pareilles, une civilisation fondée par des espèces habiles (il voulait dire, qui ont des mains et qui s´en servent) ne peut être que discrète. »
Bien sûr, Maman et moi nous avions compris : « Tellement ridicule qu´elle ne pourrait que passer inaperçue. ».
Genre, tu casses une pierre avec une autre et tu la jettes dans le champ d´à côté, et là, un barbu débarque, la ramasse et s´extasie sans fin sur l´âge de la pierre taillée.
Bref. Dans la demi heure qui suivit, on atterrissait sur la plate-forme de la maison sur pilotis de son pote Evans. Une heure plus tard, c´était poulet cajun et sushi / steak de soja - et je m´ennuyais ferme à la table des enfants avec quatre minimes qui voulaient à tout prix que je joue avec leurs figurines animées.
« Okay, » je finis par répondre.
Et ma guerrière de l´espace trancha en quatre le nounours dentu, l´elfe noir blonde platine, le vaillant pilote de chasse et la princesse nunuche.
Sur ce, concert de cris et de larmes
et résultat escompté : je fus immédiatement bannie dans ma chambre à coucher, où j´aurai pu désormais surfer à volonté sur l´univers-net. Mais alors que je grimpais quatre à quatre les marches du petit escalier, j´entendis dans mon dos quelque chose comme : « ... Ta Mara ferait vraiment la paire avec notre Vince ! »
Qui c´était ça, Vince ?
CHAPITRE DEUX
Très tôt, le lendemain matin, j´apprenais que quelqu´un de la maison avait fait plus fort que moi la veille au soir : le dénommé Vince, seize ans m´avait-on dit, avait carrément zappé le dîner familial et ses invités d´exception. Intéressant sujet d´expérimentation ou... sale petit égoïste débile et ingrat ? Un minimum d´investigation s´imposait.
J´explorais donc les lieux en toute innocence, déverrouillant sans difficulté toutes les portes sur mon passage avec ma carte ouvre-tout. Je trouvais très vite la chambre du benêt en question. Enfin, disons plutôt, du bel animal : allongé de tout sous long vêtu seulement d´un simple caleçon, le dénommé Vince sommeillait sur le ventre au milieu du désordre sans nom qui régnait en son antre...
Je pris aussitôt quelques photos 3D pour les copines, et je m´esquivais rapidement, histoire de ne pas déclencher quelque piège caché, genre le robot danseur de ses deux ans qui se mettrait soudain à hurler : « TU VEUX DANSER AVEC MOI ? » dès que quelqu´un a le malheur d´entrer dans son champ de vision.
Nous nous retrouvâmes tous
y compris le bel animal
pour le brunch. Le menu du jour avait pour thème « Tout ce dont vous n´avez pas voulu de la semaine et que nous avons fait exprès de vous garder ».
« Mara, je te présente Vince.
On s´est déjà vus.
Hein ? »
Bon, il ne devait pas encore être bien réveillé. C´est assez courant chez les grands singes. Je décidais donc de revenir à la charge une demi heure plus tard.
« Tu m´emmènes faire un tour ? »
Il n´avait même pas fermé sa porte, mais j´avais quand même pris la peine de frapper avant d´entrer. Il me regarda, pas vraiment convaincu, mais essayant quand même de sourire un minimum. Faute de grives...
« Pourquoi pas ? »
...On mange du surgelé. Et moi, cash en montant sur la moto volante et lui enserrant la taille :
« T´as une copine ?
Non, pas vraiment, non...
Un copain ?
C´est ça, continue de fantasmer ! »
Comme si j´allais me gêner...
« Un animal favori, peut-être ? »
Il se retourna, indigné :
« Mais t´es complètement siphonnée comme fille ! »
Tiens, je remarquais, il avait compris mon humour. Il n´était donc pas si bête. Je pris donc sa dernière réponse comme un compliment.
CHAPITRE TROIS
En toute sincérité, j´étais aux anges. Comme à chaque fois que nous faisions escale et que je me retrouvais avec quelqu´un de réellement de mon âge et de pas trop formaté.
J´imagine que c´était un peu plus facile de trouver ce genre de garçons au fur et à mesure qu´on s´éloignait de la Terre pour se rapprocher des frontières : les gens étaient plus automnes, indépendants. Plus fiers aussi. Et surtout plus près de leurs sous. Ils ne songeaient pas de suite à mettre leur gamin sous camisole chimique dès leur naissance juste pour avoir la paix quand ils regardaient leur match de foot à la télévision.
« Je croyais que toutes les filles de la Terre étaient canons et débiles. »
Nous nous étions attablés sous une paillote perchée à cinquante mètres de tubulures au-dessus des arbres. Les cocktails qu´il avait commandés étaient délicieux.
« Donc pour toi je suis moche mais intelligente. J´apprécie.
Vas-y, fais-toi plez. Dis-moi que je ne suis pas comme les types des colonies : laids mais intelligents... »
Je répondis, toujours taquine :
« Non, non, tu es pratiquement le modèle standard terrien. C´est juste que j´hésite encore sur un point : t´es plutôt le genre Euro ou Dollar ? »
Bon, cette fois, il n´avait pas du tout capté l´allusion. Il devait être un peu niais. Ou alors il ne devait pas disposer d´un univers-net complètement déverrouillé. Du coup, je changeais de sujet (ou presque) :
« On dirait que vous avez des plages superbes là-bas. On va se baigner ?
Oh. A cette heure de la journée, oui, c´est sans risque. Il n´y a plus rien dans l´eau. »
Je hochais la tête. Tant mieux. Sûrement l´un des plus grands avantages de l´endroit.
« Cela veut dire que pour la balade romantique dans la jungle, on attendra que la nuit tombe ?
Exactement. ».
Il avait répondu avec un grand sourire.
La plage était une réussite totale : un paradis limpide et une vue dégagée sur l´intégralité de la splendide carrosserie de mon guide. Il n´y avait pas à dire, il devait souvent faire de la natation. Et on sentait que c´était de l´authentique. Dans l´heure qui suivit nous nous roulions des pelles. Le paradis, je vous dis.
Un crissement léger interrompit notre effort mutuel de compréhension du genre humain et d´ouverture d´esprit.
« Pas de mouvement brusque ! », il me souffla (une fois que j´eu dégagé sa langue).
Un grand garçon aux cheveux châtain clair se tenait à quelques pas de nous, vêtu d´un pagne et la poitrine décorée d´un fin tatouage. Il hésitait à pointer sur nous une espèce de lance à la pointe acérée.
« Tu le connais ? », je demandais, d´un air détaché.
« Je l´ai déjà vu traîner dans les environs. Je les reconnais à leurs tatouages. »
Nous nous étions levés. J´époussetais le sable de mes cuisses et de mes mains.
« Salut, moi c´est Mara !
NON ! », cria soudain Vince en me retenant : « C´est un de ces... euh, trucs, de la mer. »
L´autre me détaillait comme fasciné, mais il n´avait pas davantage levé sa lance. Enfin, sa grande lance. Les garçons
même quand ils appartenaient à une espèce marine extraterrestre
étaient tous les mêmes.
Il avait une peau très lisse, d´allure très douce, presque satinée, et très claire, sans aucun grain de beauté. Il ne semblait pas avoir de tétons. Ses yeux étaient grands et très profonds. Il planta sa lance dans le sol et marcha jusqu´à arriver devant moi. En fait il avait six tétons, très pâles, à peine saillants. Il m´embrassa sans crier garde.
Okay, je pensais. Je suis bonne pour une demi heure de super mono d´ici ce soir, le temps que l´invention de Papa nettoie tout ça...
Vince avait le goût de l´océan dans lequel on s'était baignés. Lui avait un goût de fruits, et l´odeur du bois de santal.
« DEGAGE ! », cria Vince en jetant à terre l´inconnu.
Puis il se rua sur sa moto pour en sortir un genre de matraque électrique. Je m´interposais :
« Arrête ! C´est pas la peine de jouer les mâles dominants. Je ne suis pas venu observer les batailles de grands singes en rut ! »
Comme Vince ne baissait pas sa matraque, j´insistai :
« On n´est pas des animaux ! »
Il baissa enfin son arme : « Lui, si ! »
Je me retournais vers mon nouveau prince charmant et lui tendais la main pour l´aider à se relever. Il avait des dents petites et pointues.
C´est alors qu´il se mit à parler.
CHAPITRE QUATRE
Bien entendu je n´y comprenais rien. On aurait dit le langage des bébés.
« D´accord, je coupais : Stop ! Je sais quoi faire. »
Je plaquais ma main sur son torse... très doux en effet.
« Toi Tarzan... Moi, Mara. » Regard noir de Vince. Ben quoi, je n´allais pas l´appeler Vendredi non plus ?
Alors l´inconnu hocha la tête et posa sa main sur mon plexus.
« Kah... Me shalil de Marra. »
Cette fois, nous nous regardâmes Vince et moi un peu perdus. Je reposais doucement ma main sur son plexus à lui.
« Shalil ? »
Il secoua la tête tout en prenant ma main pour la faire glisser au creux de sa poitrine.
« Marra meme Shalil. »
Je sentais battre son coeur. Je rougis vivement.
« Faut pas rester ici !, avertit Vince : Il y en a d´autres qui arrivent! »
Je jouais un instant avec les longs doigts pâles de l´inconnu, pour les abandonner à regrets.
« Et si on l´emmenait avec nous ?
Pas question ! », répondit Vince. « Maintenant si tu veux rester, ne te gêne pas. Je dirai à ton père de revenir te chercher plus tard. »
Non, ce n´était pas une option envisageable.
Les grands yeux noirs de l´inconnu étaient toujours fixé sur elle, comme remplis d´espoir. En fait, on aurait dit que de minuscules filaments bleutés apparaissaient peu à peu dedans pour former des iris. Hum... C´est alors que j´eus comme une intuition. Je rejoignais Vince sur sa moto et je criais à l´autre, alors qu´on s´envolait : « Shalil meme Mara ! »
Shalil courut longtemps derrière nous sur la plage...
CHAPITRE CINQ
Vince ne prononça plus un mot jusqu´à notre retour à la maison. Papa était parti avec Evans observer la migration du soir. Un spectacle hallucinant, comme disait Naomi, sa seconde épouse.
La première l´avait parait-il plaqué pour une femme d´affaire équatorienne sublime - avec laquelle Evans l´avait en fait trompée. Ils n´avaient jamais divorcé, mais cela importait peu, puisque la bigamie était autorisée sur cette colonie. Et Naomi, qu´en pensait-elle, me direz-vous ?
« Si elle revient, je la flingue ! », avait-elle répondu sans sourire.
Maman et moi avions alors souhaité très fort que cela ne soit pas pour cette semaine.
Je remontais dans ma chambre pour attendre le dîner, qui s´annonçait tardif. Par curiosité, je jetais quand même un coup d´oeil au menu : « Carnaval de salades bio et de nutriments reconstitués issus du dernier cri des biotechnologies spatiales et militaires. »
Miam.
Je m´accoudais à ma fenêtre, et repensais avec mélancolie à cette journée plutôt bien remplie, mais qui m´avait laissé comme un goût fruité d´inachevé... Tiens, je réalisais, toujours pas de mono.
Dehors, l´horizon se déchirait d´un déversement de roses et d´indigos écoeurant de romantisme et de féminité. Où était-il ? A quoi ressemblait-il ? Etait-il déjà de retour à la mer pour frayer avec les autres limandes de son espèce ?
« Marra... », murmura une voix très douce, toute proche, juste en dessous de moi.
Je baissais les yeux.
« Shalil ! », je m´écriais, à la fois ravie, gênée par le grotesque de la situation, et modérément inquiète à l´idée que ce soit justement le moment choisit par Evans Junior pour venir me rendre visite, histoire reprendre notre récente conversation.
Shalil se hissa souplement jusqu´à ma hauteur, pour enjamber le rebord de mon petit balcon et atterrir dans ma chambre. Mon prince charmant avait tout de même escaladé peut-être deux cents mètres de tronc d´arbre et cinquante de tubulures en nano-fibres de carbone rien que pour me rejoindre.
Saleté d´évolution : elle n´aurait pas pu lui faire pousser des ailes, pour le même prix ?
C´était lui sans aucun doute, mais il avait quand même pas mal changé depuis leur dernière rencontre. Ses yeux avaient désormais des iris d´un bleu profond, semé de filaments argentés. Ses cheveux étaient plus longs, et pratiquement roux
à moins que ce ne fût l´effet de la lumière du couchant, qui déclinait alors à grande vitesse. Je pris ses mains tendues dans les miennes.
« J´ai cru que je ne te reverrai jamais ! », déclara-t-il d´une voix parfaitement intelligible.
Maintenant qu´il se tenait juste devant moi, je remarquais un détail supplémentaire, presque insignifiant, certes, mais quand même assez, euh, perturbant : son front lisse s´ornait à présent d´une espèce de pistil flexible, qui se dilatait et se rétractait au fur et à mesure de ses paroles.
« Comment... ? »
Je n´arrivais pas à détacher mes yeux de son... euh, pistil.
Il prit mon visage entre ses mains, toutes douces.
« Je ne sais pas. Tous les jours je me transforme au fur et à mesure de la journée. Quand le soleil décline, pendant un très bref instant, je vois l´univers, puis je retourne à l´océan... »
« Mais aujourd´hui, de toutes mes forces, j´ai voulu que cet instant ne vienne pas. J´ai voulu arrêter le changement. »
Il me serra dans ses bras :
« Je ne sais pas combien de temps il nous reste. Je ne sais pas si je me souviendrai encore de toi demain. Et je ne veux pas t´oublier. »
Je me sentais bien trop réservée pour l´occasion. Je déconnectai ma puce d´émotions. Aussitôt je fondis en larmes. Malin, ça : maintenant il va me prendre pour une idiote.
« Shalil ! », je m´écriais, éperdue.
Puis ce fut le Big Bang dans ma tête : le sol se déroba sous mes pieds, et le monde s´ouvrit comme un océan en furie. La Terre, le Soleil, les exo-planètes, la Galaxie
tout s´était mis à tourner autour de moi. Et de proche en proche, chacune des cellules de mon corps explosèrent en des milliards de petites vagues, avides de se mêler au moindre atome de l´univers, dans le ballet incessant des électrons, au milieu des nuées de photons...
Sa bouche avait le goût de Dieu.
EPILOGUE
Je crois bien qu´à ce moment là Vince est entré pour de bon dans la chambre. Et qu´il en est reparti très vite. Maman a aussi dû passer à un moment, et a juste dit quelque chose comme «Excusez-moi ! ». Beaucoup plus tard, je crois aussi que Papa et Evans sont passés pour « me sauver », mais tout ce qu´ils ont su faire au final, c´est d´attendre un peu pour voir si tout allait bien.
Quand je me réveillais, je nous découvris serrés l´un contre l´autre. C´était attendrissant. Shalil ouvrit à nouveau ses yeux, tandis qu´une petite bosse apparaissait sur son front là où son pistil ne tarderait pas à éclore :
« Qu´est-ce que c´était ? », me demanda-t-il, très étonné. « Où j´étais il y a une seconde ? »
« Endormi. »
Il se redressa. Son pistil aussi.
« Je comprends, répondit-il avec un sourire serein : en me mêlant à toi, j´ai dû prendre un aiguillage, et épouser la courbe de ton existence. »
On peut dire ça comme cela, oui. Il examinait ses mains comme s´il les voyait pour la première fois :
« J´ai rompu le cycle. Mais pour combien de temps ? »
Le temps que j´interrompe le mien, me murmura une toute petite voix quelque part dans le fond de ma tête.
« Le temps, qu´il faudra ? », je répondis, enjouée.
C´était Papa et Maman qui allaient apprécier. Quand à Evans Junior, il s´en remettrait. Après tout, j´étais certaine qu´il aurait encore l´occasion de mater les vahinés métamorphes de sa planète.
FIN
Achevé le 17 février 2006.
Tous droits réservés David Sicé.
Illustration réalisée avec les logiciels Poser 5 et Cinema 4D 8.5