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LE MAT VOIR L'IMPOSSIBLE MARDI 18 OCTOBRE 2005 Tous droits réservés : texte David Sicé, illustrations : leurs auteurs. |
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LE GNOME David
Sicé A Aurélien, de Maurice Alice,
Ce n'était pas un beau jour pour une rentrée. Les hautes tours du Collège lui semblaient plus sinistres, plus menaçantes, sous le plafond bas des nuages gris sombre. Tom n'avait pas le choix. Il devait entrer dans la forteresse. « Où tu vas, toi ? » appela une voix de femme. Tom se figea : « Moi ». « Oui, toi, avec les grandes... Enfin toi. » Tom fit la grimace. Ses oreilles, il n'avait pas fini d'en entendre parler. Depuis la Maternelle, les adultes, les « Grands », et même ses « petits » camarades n'avaient jamais cessé de s'en moquer. De lui trouver des surnoms, du genre « Babar » - mais il n'avait jamais été gros, alors ça devenait très vite, « l'Ane ». Puis un jour, ce fut... « ...le Gnome ! Pousse-toi ! », fit un Grand en le bousculant. Le Gnome. Bon sang, que Tom détestait être appelé comme ça. Et « Gollum » aussi, mais c'était la même idée. Ce n'était pas parce qu'il avait de grandes oreilles un peu décollées qu'il méritait des insultes pareilles. Non, le monde était trop injuste ! « T'es en Sixième Trois, dit encore la femme : file de l'autre côté du bâtiment. Ils doivent être en train de faire l'appel devant la Salle Polyvalente. Romain, accompagne-le ! » Romain était un Grand. Dans le meilleur des cas, les Grands vous ignoraient. Dans le pire... Tom préfèrait ne pas y penser. « Allez, dégage, c'est par là ! » lui dit le Grand, dès que la femme ne pouvait plus les voir. Tom obéit sans se faire prier. De toute façon, il croyait se souvenir de l'endroit où se trouvait la Salle Polyvalente : vers la fin de l'année dernière, ils avaient organisé une espèce de sortie pour visiter le Collège. Ils avaient alors vu tout ce qu'il y avait à voir. Ou presque. Il n'y avait déjà plus personne dans le large couloir : Tom devait être très en retard. Il chercha la porte de la Salle Polyvalente, mais il n'y avait plus aucun signe dessus, et la couleur des murs étaient complètement différente. Tom inspira un grand coup, frappa deux petits coups, et entra.
C'était un espace rempli d'étagères, avec des revues, des tables, des chaises et encore des étagères, avec des tas de livres. Il y en avait vraiment de partout. Et même en piles sur toutes les tables. Et des ordinateurs. Il y avait des ordinateurs. « Mais qu'est ce que tu fais là ? » Tom sursauta. Une espèce de petite vieille - avec des cheveux roses et des espèces de grosses loupes en guise de lunettes -lui avait sauté dessus. « Rien M'dame. Je cherche la Salle Polyvalente ! » « Mais ce n'est pas ici... » Ça, Tom s'en doutait un peu. « Ici c'est le Centre de Documentation. » Et la Salle Polyvalente se trouve... ?, pensa Tom. « La salle polyvalente se trouve en face. » Et ben, c'est pas trop tôt, il soupira. « Merci M'dame. » Et Tom tenta de rebrousser chemin. Peine perdu, la vieille ne lui lâchait pas les baskets : « Attends, mon petit, je vais te montrer où c'est ! » *** Il n'y avait plus de place dans le fond, alors Tom dût s'asseoir devant. Et là, le miracle : juste au premier rang, un peu plus vers le centre, elle l'avait aperçut. Puis elle l'avait regardé – encore une fois. Et elle lui avait sourit. Tom s'était senti alors plus léger qu'un flocon de neige. Puis il avait senti ses oreilles – ses maudites oreilles ! – devenir toutes rouges. « ...la Salle des Professeurs est strictement interdite aux élèves. » Comment s'appelait-elle ? Est-ce qu'ils allaient être dans la même classe ? Les professeurs faisaient l'appel à nouveau, cette fois par classe. Elle se leva, et pour rejoindre son groupe, elle se glissa tout contre la table de Tom. Sa main, fine et délicate effleura la sienne. Incroyable ! ... Et y fourra un petit bout de papier plié. Tom n'en croyait pas sa chance. Vite il dissimula le message secret sous la table. Et comme elle s'en allait déjà, sans même un dernier regard, il s'empressa de déplier le papier. D'une écriture élégante et violette, elle y avait écrit : « Ils m'ont retrouvée. Je t'en prie, sauve moi ! » ***
Anne, elle s'appelait Anne, et elle était en danger. Mais qui ? Pourquoi ? Et comment un pauvre, un minuscule gamin pourrait-il y faire quoi que ce soit? Mais le sang de Tom n'avait fait qu'un tour : Il allait sauver Anne, coûte que coûte. Comment exactement ? Et de quoi ? Il n'en savait rien, mais il la sauverait quand même. Dès la récrée, il voulut la retrouver. Ce fut rapide. Seulement chaque fois qu'il s'approchait, un Grand se trouvait au milieu du chemin. Et il ne s'écartait pas. « Dégage, le nabot ! »* Alors Tom s'excusa et essaya de contourner l'obstacle. Mais un autre Grand le bouscula. « Regarde où tu vas, sale petit vermisseau ! » « ça va ! », protesta Tom. Mais l'autre n'en restait pas là : d'une violente poussée, il plaqua Tom au sol et lui mit un pied sur le ventre. « Maintenant ça suffit Leopold ! » cria une voix de femme juste à côté d'eux. C'était la Conseillère d'Education de l'autre fois, et maintenant, elle avait vraiment l'air furax : « Léopold et Mourad, vous me suivez au bureau de suite ! Et que ça saute. Toi, ça va ? Tu as besoin d'aller à l'infirmerie ? » « Oui, ça va, répondit Tom. Non, j'ai pas besoin. » Les deux Grands obéirent, mais celui que la Conseillère avait appelé Léopold lui souffla au passage : « T'inquiète, on te retrouve de suite ! » Tom se figea un instant. Puis il regarda tout autour de lui pour retrouver Anne. Et là, un frisson d'horreur le traversa : deux autres Grands l'entraînaient à l'intérieur du bâtiment principal, et de ça, personne ne semblait se rendre compte !
***
Tom partit aussitôt au galop. Il avait mal au dos et aux fesses, et aux coudes aussi, mais cela n'avait pas d'importance. « Lâchez-la de suite ! », hurla Tom dans le couloir désert. Les deux Grands se retournèrent. Le gros et noir se mit à ricaner : « Vise un peu la demi portion ! Attends, je vais en faire de la bouillie ! » Alors Anne se mit à crier : « Fuis ! Et trouve l'épée de Vérité ! » L'autre Grand - maigre et blond -, lui balança une gifle pour la faire taire. Lorsqu'il vit cela, Tom entra dans une rage folle. Il balança son sac dans les jambes du Grand qui arrivait sur lui. Et le Grand dut faire un bond pour éviter l'obstacle. Tom fit un écart pour esquiver le poing qui descendait sur lui comme un marteau. Le Grand rata sa cible, mais Tom dérapa et fit une lourde chute. Sa glissade s'acheva au pied... d'un Pion. « Non, mais où vous VOUS CROYEZ ? », tonna le jeune homme. « M'sieur, dit aussitôt Tom : ils essaient d'enlever une fille, regardez ! » Le Pion regarda. Mais le Grand maigre et blond était déjà sur lui : il plaqua sa main longue et crochue en plein sur le visage du Pion, et dit : « OUBLIE ! ». Alors le Pion devint raide comme une statue. « FUIS ! », cria encore une fois la pauvre Anne. Alors Tom se releva et partit à toutes jambes dans la direction opposée. Le bureau des Pions, des Conseillers d'Education... Non, cela ne servirait à rien d'essayer de les avertir : le Grand à sa poursuite leur ferait la même chose. Mais qu'est-ce qu'il avait fait au juste ? Qui étaient ces Grands ? Qu'allaient-ils faire à Anne ? Une cavalcade. L'autre Grand le talonnait. Tom gravit quatre à quatre les marches de l'escalier. Se précipita dans un large couloir qu'il connaissait déjà. Maintenant, il y avait plein d'enfants dedans : c'était la fin de la récréation. Mais Tom ne pouvait pas revenir sagement en classe. Pas après ce qu'il avait vu. Pas avec Anne en danger. Et de toute manière, « ils » le retrouveraient. La porte la plus proche devait être celle du Centre de Documentation. Tom entra sans hésitation. Avec un peu de chance, le Grand ne le retrouverait pas tout de suite...
***
La vieille aux cheveux roses était encore là, à aider d'autres gamins de sixième à faire leur travail. En fait, elle n'était pas si vieille que ça. Mais moche, ça, elle l'était. Elle lui faisait penser à une autre vieille qu'il avait vu une fois dans un vieux film pourri pour les gamins, qui s'appelait, genre Flika ou Glika, et qui piquait des chaussures rouges trop ringues à une autre sorcière. Tom reprenait son souffle. Il était couvert de transpiration. Comment allait-il faire ? Qu'est-ce qu'il allait faire au juste maintenant ? Un clic. La poignée de la porte qui s'ouvrait. Melle Cheveux Roses leva la tête, vit Tom, et, en un éclair – mais vraiment en un éclair ! – se retrouva entre le garçon et la porte d'entrée du Centre de Documentation. Il se passait vraiment des choses bizarres dans ce Collège ! « Non ! », fit la voix de crécelle de Melle Cheveux Roses : « Vous n'entrez pas. C'est complet. Et puis qu'est-ce que vous faites encore dans le couloir à cette heure. Retournez en classe de suite ou j'appelle Monsieur Crécy ! » « Ouais, c'est ça, z'avez qu'à l'appeler, tiens... », répondit une voix grave et vulgaire. Mais le Grand – ça ne pouvait être que lui – renonça à entrer. D'ailleurs Melle Cheveux Roses referma la porte à clé. « Et voilà ! », fit la documentaliste très moche à Tom, l'air très satisfaite : « Qu'il essaie encore d'entrer si ça l'amuse : il n'a aucune chance à présent. » Puis elle se pencha sur le garçon et dit : « Je sais qui vous êtes ! » Tom se mit alors à trembler comme une feuille. Il aurait voulu dire quelque chose, mais rien ne sortait de sa bouche – ni de sa tête d'ailleurs. « Hé bien, dit alors Melle Cheveux Roses, surprise : tu n'as aucune raison d'avoir peur : je ne suis pas l'un de ces Trolls ! Je ne vais pas te manger ! » « Troll ? », dit enfin Tom. « Allez, allez, reprenez votre travail ! », fit Melle Cheveux Roses en revenant aux élèves, qui s'étaient mis à les regarder. « Et toi aussi ! », ajouta-t-elle à l'attention de Tom. « Qu'est-ce que... ? Qu'est-ce que je dois faire ? », répondit le garçon. Trouve l'épée de Vérité. « Où est-ce que je peux trouver l'épée de Vérité ? », demanda Tom. Melle Cheveux Roses leva à nouveau la tête de la table des Sixièmes. Elle inclina la tête. Puis, fit rapidement le tour du comptoir qui se trouvait de l'autre côté de la salle. Avec un bruit de froissement, du genre que fait un livre qu'on feuillette, ou un papillon de nuit effrayé lorsqu'il tourne autour d'une ampoule électrique, avant de se brûler. Pas ordinaire, vraiment pas ordinaire. « Où l'ai-je mis ? », disait la très moche documentaliste. « Ah, le voilà ! » Elle posa ses deux mains décharnées à plat sur le comptoir, et le fixa de ses yeux globuleux, à travers ses énormes lunettes. « Approche ! » Tom s'avança, lentement. L'instant d'après, elle était à côté de lui et lui avait collé une espèce de petite pièce dans la main. Tom fit un bond en arrière. « Tu semble quelqu'un de très courageux, mon petit, » murmura Melle Cheveux Roses... à son autre oreille ! Tom fit un autre bond, dans l'autre direction. « Elle se trouve dans le distributeur à boissons. », révéla la documentaliste. Le garçon fronça les sourcils et s'écria : « Vous mentez ! Il n'y a plus de distributeurs de boissons dans les Collèges. Ils les ont tous enlevés. » « Tous..., répondit Melle Cheveux Roses, sauf un. » Et elle siffla tout doucement tout autour de lui : « Celui de la Salle des Professeurs. » « Mais la Salle des Professeurs est interdite aux élèves ! » « Est-ce qu'une simple interdiction humaine va t'arrêter ? » répondit la moche documentaliste d'une voix doucereuse. Tom repensa alors à Anne, à son sourire, à son cri lorsque le Grand l'avait giflée. « Non, bien sûr. », répondit Tom. « Alors vas-y ! » Et elle déverrouilla la porte d'entrée du Centre de Documentation.
***
Tom passa d'abord la tête à travers l'embrasure. Personne à gauche. Personne à droite. Le large couloir était-il bien vide ? Peut-être un Grand se cachait-il derrière l'une de ces colonnes, ou l'une des portes. La Salle des Professeurs se trouvait presque en face. Tom s'élança. Il poussa le lourd ventail de la double porte – peinte en rouge sombre. La porte dormait sur une espèce d'antichambre, avec des portes de toilettes sur les côtés. Strictement interdit aux élèves, rappelaient les panneaux. Tant mieux, il n'avait pas envie d'y aller, dans leurs sales toilettes. Il y avait une seconde double porte à pousser. La lumière du jour, plutôt vive, filtrait par-dessous. Quelle angoisse, se dit encore Tom. Et il s'imagina une énorme épée de cristal accrochée au-dessus de la machine à café, avec cinquante professeurs en train de faire la queue devant, leurs outils de travail à la main. Tom poussa la porte. C'était une grande salle encombrée de tables, avec tout un mur de boites aux lettres. Tiens, je ne savais pas que les professeurs recevaient du courrier, se dit Tom. Deux professeurs, l'un barbu, l'autre barbichu levèrent les yeux vers lui, l'air soupçonneux. Sans réfléchir, Tom dit : « Je cherche Madame Martin ! ». C'était sa professeur principale. « Et pourquoi tu la cherches ? », demanda le barbu d'une voix sombre. « Madame la Conseillère d'Education m'a demandé de lui ramener des clés ici. » « Elle n'est pas ici, », gronda le barbu en se levant. Maintenant il avait carrément l'air menaçant. Alors le barbichu intervint : « Je l'ai vue tout à l'heure à côté. Peut-être qu'elle y est encore ? » A côté ? Il y avait une autre grande salle, attenante à la première. Et il y avait une machine à distribuer les boissons, tout au bout, tout au fond. « Merci ! », répondit Tom. Et il se dépêcha de passer dans l'autre salle. Qui était vide. Tom entendit un bruit de chaises : le Barbu le suivait. Puis il entendit le Barbichu appeler : « Monsieur Crécy, où allez-vous ? Nous n'avons pas... » Vite, il fallait faire vite. D'abord, il n'y avait pas d'épée géante en cristal suspendue au mur. Ni au-dessus du distributeur. Ni ailleurs. Tom regarda la pièce que lui avait donné Melle Cheveux Roses. Une petite pièce toute oxydée, avec des espèces de feuilles gravées dessus, même pas de la taille d'un Euro. Tant pis, Tom ne voyait pas quoi faire d'autre : il courut jusqu'au distributeur, et s'appliqua à suivre l'invitation de l'affichage fluorescent : « Insérez une pièce. » « NE TOUCHEZ PAS A CETTE MACHINE ! », hurla le Barbu. Derrière lui, l'autre professeur s'était levé et avait l'air stupéfait. Ah oui, se dit Tom : alors avale-toi ça ! Et la piécette dégringola à l'intérieur de la machine. Le Barbu poussa un grognement particulièrement déplaisant, et se mit à marcher droit sur le garçon. « Choisissez votre boisson. », clignota la machine. « Quoi ? », s'écria Tom. Le Barbu était presque sur lui, alors Tom appuya sur le premier bouton venu. Déjà, le Barbu balançait son poing énorme en direction de la tête de Tom. Tom plia les genoux. Le poing du Barbu s'écrasa avec fracas, en plein dans la vitre de la machine, en faisant un énorme trou. Quelque chose tomba dans le bac. C'était une petit épée étincelante. Le professeur barbichu criait : « Monsieur Crécy, mais qu'est-ce qui vous prend ? » Le Barbu arracha son poing de la machine avec un hurlement sauvage. Tom empoigna l'épée et en menaça son agresseur. L'épée se mit à chanter. Deux flammes rouges brillèrent l'espace d'un instant dans les yeux du monstre. Puis Monsieur Crécy prit ses jambes à son cou. Littéralement. Et il s'enfuit comme une araignée géante par l'une des dalles du faux plafond. « Que... Que... », bégaya le professeur barbichu. Puis il s'évanouit.
*** Tom ne pouvait pas attendre qu'il se réveille. Il fallait qu'il retrouve Anne. Il fallait qu'il l'a délivre de ces Grands. De ces monstres. De ces... euh... Trolls ? Tom se retrouva dans la cour centrale, parfaitement déserte. Où pouvait-elle se trouver ? Où l'avaient-ils emmenée ? L'épée se remit à chanter. Et à tirer sur sa main. « Cool ! », s'exclama Tom. Et il s'empressa de suivre l'épée. Celle-ci l'emmenait tout droit vers un bâtiment qu'il ne connaissait pas du tout. Une porte de derrière était ouverte. A l'intérieur, il y a avait des tas d'outils accrochés au mur, et une grande table de travail. Il y avait aussi une télévision toute démontée, des placards, et encore des outils : des pinces, des tenailles, des... couteaux, des ciseaux, et des crochets. L'un des deux Grands qui avaient enlevé Anne était en train de lui arracher ses vêtements... et la pauvre jeune fille, couverte de bleus, presque inconsciente, se laissait faire ! L'ignoble individu ricanait en disant : « Allez, le Maître s'en fiche s'il lui manque une aile ou deux. Après tout, il n'a besoin que de son coeur, non ? » Alors l'autre Grand poussa un cri grinçant : « Fais gaffe il a une... » Tom l'avait déjà coupé en deux. Vraiment coupé en deux. On aurait dit une photo qu'on aurait déchirée comme ça, d'un coup. Et pouf ! La photo déchirée explosa en confettis miroitants. Du coup, l'autre Grand lâcha Anne, pour attraper une scie électrique. Sans hésiter, Tom se jeta à terre, passa sous la table, et balaya de son épée enchantée les chevilles du Grand. La scie électrique s'écrasa par terre, et une pluie de petits bouts de papier s'abattit sur le sol. Tom rampa de dessous la table. Vite, il s'élança auprès de Anne. Elle ouvrait les yeux. « Tu as réussi ! », elle s'écria. Et son sourire illumina le coeur de Tom. Il l'aida à se relever. Elle croisa ses bras sur sa poitrine menue, et battit plusieurs fois de ses ailes délicates et irisées. Tom, gêné, ôta sa veste pour la couvrir. « Quel est ton nom, ô mon valeureux chevalier ! », elle demanda. « Thomas. Mais tout le monde m'appelle Tom. », murmura le garçon. Elle lui caressa les oreilles, et Tom se sentit devenir plus rouge qu'une pivoine : « Sans toi, le sorcier Mabuse m'aurait arraché le coeur et se serait emparé de tous mes pouvoirs. Qui aurait crû que je trouverai l'un des tiens dans ce monde pour me protéger ? Tu es le plus valeureux des Gnomes ! » Le sourire de Tom se figea. Et Anne déposa un baiser lumineux sur sa joue.
FIN
LE MAT est un fanzine électronique de courts récits de fantastique. Texte tous droits réservés David Sicé.
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