latin
Le latin est une langue naturelle, parlée depuis plus de 2000 ans.
Le français, l'anglais, l'italien, l'espagnol et toutes les autres langues
romanes en sont des patois. Apprendre le latin vous donne
la clé de ces langues et l'accès à une masse de documents en ligne.
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PRONONCER LE LATIN
*0* Le latin n'est pas une langue morte, contrairement à ce qu'affirment la majorité de ceux qui prétendent l'enseigner. Prétendre que le latin est une langue morte n'est rien d'autre qu'un beau prétexte pour ne pas avoir à apprendre aux élèves à parler couramment cette langue.
*1* L'affirmation ne résiste pas aux faits. D'abord les pages en latin sont nombreuses sur l'Internet, première preuve que cette langue morte a la plume (ou plutôt le clavier) plutôt réactif ces derniers temps. Ensuite il se trouve que les langues romanes sont parmi les plus parlées au monde : l'anglais, le français, l'espagnol, l'italien ne sont que du latin, certes prononcé avec accent, que l'on aura costumés de grammaires à la complexité souvent suspecte. Et la preuve déterminante que ces langues ne sont rien d'autre que du latin se trouve dans l'énigme de la prononciation du latin.
*2* Pour les linguistes, les mots du passé ont considérablement évolué au fil du temps, et pour preuve, ils agitent mille et une orthographes pour un mot d'une signification donnée, sans envisager un instant l'hypothèse inverse : la prononciation d'un mot de même signification n'a pratiquement pas changé. Ce qui change, c'est l'orthographe, ou si vous préférez, la manière dont on associe à telle lettre, telle prononciation.
*3* Or, même aujourd'hui, les alphabets anglais, français, italien, espagnol etc. ne se prononcent pas de la même manière, quand bien même ils utiliseraient des signes presque identiques. Ne parlons pas des alphabets russes ou des syllabaires japonais. Pourtant, on peut retrouver le même prénom ou nom propre en anglais, français, italien, espagnol, hébreux, arabe, russe et même japonais. Ce qui change, c'est l'orthographe, c'est-à-dire la manière dont celui qui parle la langue a interprété le même prénom prononcé à son oreille, dans l'alphabet qu'il utilisait à ce moment de l'histoire. Or si cela est vrai pour les noms propres, dont beaucoup remontent tout de même à des époques bibliques, pourquoi cela ne serait pas vrai pour les noms communs ?
*4* La majorité des manuels considèrent la prononciation du latin comme perdue. Le résultat est que le latin est prononcé comme la langue de l'élève : comparez par exemple la terminaison « us » (nominatif singulier) du mot DOMINVS (« Maître », civilité équivalente au français « Monsieur », qui vient de « Mon seigneur ») dans la bouche d'un anglais, un français, un italien, un espagnol. Comment la prononciation d'une langue pourrait-elle changer en fonction de la langue de celui qui l'apprend ?
*5* Ceux qui creusent un peu la question réalisent plusieurs constats assez alarmants : d'abord, nous lisons un latin écrit avec des lettres qui n'existent pas en latin (le « u » par exemple). Et pour cause, pratiquement tous les textes latins ne sont parvenues qu'après recopies successives par des gens qui changeaient plus ou moins l'orthographe des textes en fonction de leur goût personnel.
*6* Il s'en suit que tout le vocabulaire latin, et toutes les relations qu'il peut y avoir entre les différents mots latins sont embrouillées : en effet, si le U n'existe pas en latin, et doit être remplacé par un V, comment doit-on prononcer le V, surtout quand on réalise que certaines langues romanes comme l'Espagnol, ou non romanes comme le Japonais, fonctionnent très bien en confondant les sons « v » et les sons « b ». Et lorsqu'on remplace les V des textes latins déformés, comme par hasard, les relations de sens qui naissent entre les mots qui ne se ressemblaient pas auparavant, apparaissent comme parfaitement cohérentes.
*7* Ensuite, le latin est une langue accentuée :on ne prononce pas pareil la même voyelle selon qu'elle est « longue » (accentuée) ou « brève » (non accentuée). Or très peu de manuels reproduisent ces accents, alors qu'ils sont le seul moyen de faire la différence entre de prétendus homophones qui n'en étaient pas à l'origine (MALA, la pomme ou le mal ? Prononcez « mêle » pour la pomme, « mêle » vous rappellera le MIEL français).
*8* Mais pire encore, qui sont le seul moyen de distinguer deux terminaisons écrites avec les mêmes lettres ! Or ces terminaisons indiquent le rôle que tient un personnage ou une chose dans votre phrase : si vous les confondez par une prononciation identique, comment voulez-vous comprendre ce qu'on vous raconte en latin – et comment voulez-vous qu'on vous comprenne ?
*9* Il n'est pas possible qu'une langue soit née en employant des marques grammaticales impossible à différencier à l'oreille. La véritable prononciation du latin doit donc limiter au maximum la confusion, que ce soit au niveau des homographes (mots qui s'écrivent pareils mais devraient se prononcer différemment) ou au niveau des terminaisons grammaticales (les fameux cas latins, mais aussi toutes les terminaisons des verbes).
*10* Donc, pour un linguiste ou un élève de latin lambda, CANIS (en latin francisé, prononcé « Kaniss », en latin anglican, prononcé « Kêneuss ») est donc un mot complètement différent du CHIEN (« shi-ain ») français, bien que désignant le même objet (l'animal chien, ou l'homme traité de). Or, si nous tentons de prononcer CANIS en appliquant des règles de prononciation qui excluent les confusions décrites ci-dessus, nous obtenons quelque chose comme « Tchain-nüs » ou « Tchain-s »).
*11* Prenez le temps de répéter plusieurs fois CHIEN (« shiain ») et « Tchain-s ». Où est exactement ce fossé gigantesque des générations qui semblaient séparer l'ancêtre CANIS de son descendant CHIEN ? Dans le « tch » au lieu de « ch » ? Le « s » final qui existait encore en ancien français et qui est tombé parce que quelqu'un a décrété un jour que le « s » (la lettre, même pas le son « s » ou « z ») deviendrait la marque du pluriel ?
*12* Une fois qu'on applique des règles de prononciation logique du latin, tous les mots latins prennent l'allure de mots proches ou très proches du mot de même signification en français, en italien, en espagnol et en anglais. Autant dire que votre apprentissage du vocabulaire latin sera rapide, puisque vous le maîtrisez déjà si vous parlez français, italien, espagnol etc. Seule la prononciation fausse fait en réalité obstacle à la mémorisation et à la compréhension du vocabulaire latin.
*13* Certes, les académies françaises, dans un souci nationaliste pour l'incompréhension des peuples européens, on bien tenté d'écarter de la langue française tous les mots français qui ressemblaient trop à des mots italiens, français ou espagnol, comme on peut le vérifier en compulsant des dictionnaires d'ancien et de moyen français.
*14* L'appauvrissement considérable du français qui s'en est suivi a d'ailleurs conduit certains auteurs (les « Lumières ») à réintroduire des mots latins dans le français, mais cette fois, prononcés à la manière française, donc absolument pas à la manière latine. Le contresens est donc total quand un professeur affirmera par exemple à un élève que la signification du mot AURICULA va se déduire de l'adjectif AURICULAIRE (« o-ri-kü-lêr ») français, alors que dans la prononciation logique, AVRICVLA se prononce « ê-reu-réi-chle » ou « ê-reu-rei-khle ». Prononcez plusieurs fois de suite « oreille » et « ê-reu-rei-khle », et mesurez à quel point ces deux mots sonnent différemment, à l'oreille, justement.
*15* Enfin, l'expérience du Francescan, qui consiste à appliquer la syntaxe du latin ou du japonais à la langue française, démontre que le français, du point de vue sonore, se comporte strictement comme le latin, pourvu qu'on rétablisse l'ordre des mots des langues à cas ou agglutinantes. Les autres langues romanes sont encore plus proches du latin de ce point de vue.
*16* Bien sûr, pour être scientifique jusqu'au bout, il fallait mettre à l'épreuve cette « nouvelle prononciation » : était-il possible de retomber sur des règles de prononciation proches dans des langues que je ne connaissais pas, et dont on ne pouvait nier la proximité temporelle et géographique avec le latin d'origine. Ce fut chose faite lorsque après avoir accumulé un certain nombre de mots latins prononcés expérimentalement, je les comparais avec un cours de Provençal et un cours d'Occitan, pour découvrir des règles de prononciation pratiquement identiques (bien entendue maquillée par une orthographe reconstituée en fonction des diktats de l'administration française, qui chercha à exterminer ces deux langues au cours des derniers siècles).
*17* Pour conclure, les articles qui suivent (dans ce site) tiennent compte d'une prononciation et d'une manière décrite qui permettent de parler le latin, comme une langue à mi chemin entre le français, l'anglais, l'italien, l'espagnol – extrêmement facile à apprendre pour quelqu'un qui parle déjà couramment une langue romane.
*18* Le but de cette approche est justement l'efficacité : une vitesse d'apprentissage poussée à son maximum ; une langue que l'on parle effectivement, et couramment après l'avoir apprise. Au moyen de ces leçons, je veux pouvoir lire et exploiter la mine que constituent les récits et les documents en latin désormais accessibles gratuitement par l'Internet, car libres de droits, et sans passer par la case « traduction quand je veux, si je veux, comme je veux, et censurée à volonté pour refaire payer les droits au lecteur et limiter par tout moyen l'accès au savoir ».
*19* Si vous étudiez le latin à l'école, vous n'aurez aucune difficulté à en imposer à votre professeur, tant le niveau scolaire en latin est misérable. Les professeurs d'aujourd'hui ne sachant plus parler le latin, leur oreille sera incapable de faire la différence entre le mot telle que vous le prononcez, et la prononciation latine francisée qu'il vous propose.
*20* Si vous avez affaire à un psychopathe, qui voudrait imposer sa prononciation parce qu'il se sent inférieur à vous, pour vous faire sentir inférieur à lui, vous n'aurez aucune difficulté à basculer dans une prononciation francisée, celle-ci correspondant à la transcription par écrit des mots latins. Faites cependant attention à vos V et vos B, en mémorisant à chaque fois les deux versions du mot (par exemple VIR / BIR, l'homme – prononcer « béi-r » et « vé-ir » soit un « b » entre le « b » et le « v »).
*21* Certains croiront qu'adopter une « nouvelle » prononciation, voire une nouvelle manière d'apprendre le latin, c'est se compliquer inutilement la vie, voire commettre un sacrilège. Tant pis pour eux, jamais ceux-là n'accèderont à la somme considérable de savoir, de plaisir, de lumière que vous réserve le véritable apprentissage de cette langue. Par ailleurs, maîtriser le latin vous donne la clé de toutes les langues romanes, et possiblement plus. Je n'ai bien entendu pas la science infuse, et je ne prétends pas tout savoir du latin à toutes les époques auxquelles cette langue
FIN
Notes : Tout au long des leçons de latin de ce cours, la prononciation logique du mot vous sera donnée. Notez bien que cette prononciation est étroitement liée à la manière dont le mot latin s'est construit : tout mot latin long est une combinaison de mots latins plus courts, parfois déformés par la contraction, surtout déformés par l'orthographe, à laquelle s'ajoute une terminaison qui indique la classe du mot (nom, verbe) et son rôle dans le récit de la phrase. Autrement dit, un guide de prononciation ne suffit pas pour approcher une lecture "correcte" d'un mot latin. Pour ma part, je vérifie pour chaque mot comment il a pu se former, et ce qui a pu survivre d'un point de vue sonore à cet assemblage. Ensuite, j'essaie de trouver d' autres mots latins pouvant sonner de manière identique selon toutes les prononciations possibles, ne serait-ce qu'en altérant une lettre qui s'articulerait de manière très voisine. |