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(A lire à haute voix,
en déclamant avec force et avec le plus grand sérieux,
si possible en présence d'un public nombreux et non averti.)
N'étant un homoncule plus jaune que baveux
Je ne peux me glisser tout nu entre tes bras
N'étant un cerf-volant démesuré et bleu
Je ne peux m'insérer, tracté entre tes doigts.
Mais tout comme l'aveugle
J'ai tant à voir en toi !
Rien autant que l'oubli
M'a tant appris sur toi !
Si mon oreille est sourde à nuls autres aveux
Que tes faveurs sont tendres au mutant que voilà
Goûter, sentir ta langue, non il n'est rien de mieux
Que l'abstinence orange de tes kamasoutras.
Moi, faut-il que je meugle
Pour gagner ton beffroi ?
Il n'est rien que je fis
Pour mieux mâcher tes bas !
Qu'importe le tumulte où s'apaise mon émoi !
N'ai que faire du remugle qu'apprécie l'odorat ;
J'attends, je vole, je ronge, de tout mon corps, j'aboie
Tous mes sens n'ont qu'une hâte, en finir avec toi !
(Saluer avec humilité puis sortir
sous les applaudissements nourris.)
David Sicé.
Tous droits réservés 15 Août 2006.